La santé est un des droits fondamentaux de l’homme, et les États ont l’obligation de la garantir à leurs populations. Selon l’Organisation mondiale de la santé  (OMS), la santé est définie comme « un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». En d’autres termes,  pour être en bonne santé, il faut que les besoins nutritionnels, sanitaires, éducatifs, sociaux et affectifs, entre autres, soient satisfaits. Par conséquent, l’état de santé de la population d’un pays est ainsi déterminé par les 4 composantes suivantes :

  • 1. le contexte global du pays en question (contextes politique et législatif, économique, démographique, social et culturel, technologique et scientifique et environnement naturel et écosystèmes)
  • 2. des systèmes et programmes (éducatif, sanitaire, de sécurité sociale et d’aide à l’emploi, aménagement du territoire, etc.).
  • 3. des milieux de vie des individus (familial, scolaire, de travail, d’hébergement, communauté locale et voisinage).
  • 4. des caractéristiques individuels (biologiques et génétiques, compétences personnelles et sociales, habitudes de vie et comportements, socioéconomiques, etc.).

Ces 4 composantes constituent les déterminants sociaux de la santé.

Au cours de ces dernières décennies, la mise en œuvre des stratégies de réduction des inégalités sociales (objectifs du millénaire pour le développement, objectifs de développement durable etc.), sous l’égide du  système des Nations Unies, nous permet de constater avec émerveillement l’espérance de vie continuer de s’allonger et l’état de santé s’améliorer encore dans certaines parties du monde (pays développés) ; par contre, c’est avec inquiétude que nous pouvons les voir stagner ou progresser très faiblement dans d’autres (pays en voie de développement), comme au Niger.  Ces disparités constituent une injustice sociale qui peut être évitée en tenant compte des circonstances dans lesquelles les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent, et vieillissent ainsi qu’aux systèmes de soins qui leur sont offerts. Ici nous nous intéressons uniquement au système de santé.

Dans un souci de justice sociale, ce document a été élaboré pour formuler des suggestions et recommandations pouvant contribuer à combler les lacunes en matière d’accessibilité et d’utilisation des services de santé au Niger.  Mais avant tout, il nous revient d’identifier les obstacles qui subsistent et entravent l’accès et l’utilisation de ces services.

La politique nationale de santé du Niger repose sur les Soins de Santé Primaires (SSP) à travers le développement des districts sanitaires. Cette option est prise pour s’adapter aux conséquences des crises financières et pour prendre en compte les engagements internationaux auxquels le Niger a souscrit, notamment ceux en rapport avec l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), des Objectifs de Développement Durable (ODD) et ceux des différents Plans de Développement Economique et Social (PDES). Cette politique de santé vise particulièrement la recherche de l’équité, l’amélioration de la qualité des soins et l’accessibilité aux services de santé d’un plus grand nombre de personnes vulnérables (femmes, enfants, personnes handicapées, populations en zones rurales…).

Cependant, la mise en œuvre de cette politique n’a pas été effective et par conséquent n’a pas eu l’impact escompté sur les principaux problèmes de santé, à savoir la forte mortalité maternelle et infanto-juvénile et la forte mortalité liée aux maladies à potentiel épidémique. Ceci était dû essentiellement à

  • (i) des insuffisances dans le choix des stratégies,
  • (ii) la faible attention accordée à la protection financière des usagers et aux inégalités de santé entre zones rurale et urbaine
  • (iii) la faiblesse du système de suivi évaluation et de gouvernance. Pour relever les principaux défis auxquels le secteur de la santé est confronté, le Niger a inscrit, parmi les priorités du Plan de Développement Sanitaire (PDS) 2011-2015, le développement des activités de la santé de la reproduction, l’intensification de la lutte contre la maladie mais aussi le renforcement du système de santé en général et en particulier du Système National d’Information Sanitaire (SNIS).

Le pays a certes réalisé des progrès significatifs dans certains domaines de la santé publique au cours des 20 dernières années, mais, au Niger, l’état des inégalités sociales existe notamment entre les zones rurales et les zones urbaines, et entre les riches et les pauvres. En outre, le système de santé du Niger reste affaibli pour de multiples raisons : le financement du secteur de la santé reste insuffisant. En 2013, l’État a consacré 5,55% de son budget alors que l’OMS préconise 15%, et 6,07% du produit intérieur brut (PIB) pour le total des dépenses en 2021. À cela s’ajoute une insuffisance du personnel soignant qualifié de même qu’une mauvaise répartition du personnel à travers le pays. De plus, il est à constater que la majorité du personnel de santé travaille en milieu urbain, notamment à Niamey et dans les principaux centres urbains du pays. Le matériel, les bâtiments et même les moyens de transport des formations sanitaires restent insuffisants et vétustes ; à cela s’ajoute une réelle inaccessibilité aux médicaments et aux consommables médicaux. Les relations soignants-soignés impactées par des incompréhensions mutuelles telles que le mauvais accueil, la négligence, la violence verbale font partie des raisons qui poussent les individus à renoncer à recourir aux services de santé, même étant gratuits (les soins fournis aux enfants de moins de 5 ans par exemple).

Ces différentes contraintes, pour ne citer que ces quelques-unes, entravent l’accessibilité aux services de santé tant au niveau de la qualité qu’à l’obtention des soins de qualité.

Si l’Etat du Niger voudrait bien se fixer comme objectifs : « la réduction des inégalités en matière de santé » et « l’amélioration de l’état de santé de la population dans son ensemble», il reste évident que l’atteinte de tels objectifs nécessite la mobilisation des ressources importantes tant humaines, financières que matérielles. Mais face à la multiplicité des problèmes (démographiques, taux de pauvreté et d’alphabétisation, le taux faible d’urbanisation, gestion difficile des ressources,…) qui dépassent le secteur de santé, l’augmentation importante de besoins en ressources (compétences, infrastructures, finances) pourraient être à l’origine des nouvelles réformes à entreprendre par le ministère de la santé pour faire face aux obstacles qui continuent d’empêcher la population d’utiliser les services de santé dont elle a besoin en temps opportun..

Parmi ces réformes, on peut noter la création des projets en partenariats avec le secteur privé ou avec des ONG. L’idée serait de conjuguer les efforts, les expertises et ressources des uns et des autres dans le but de bien mener la riposte forte et efficace contre ces obstacles. Ce type de collaboration entre le ministère et les autres entités privées est communément appelé partenariat public-privé (PPP ou P3).

Ce partenariat est porteur de multiples avantages : sources importantes de capitaux supplémentaires, sources de compétences alternatives, apport de valeur ajoutée pour le public, et sources d’assurance pour l’identification des besoins et une utilisation optimale des ressources. Mais les PPP peuvent être des sources de difficultés pour la réalisation des objectifs des différents projets que se serait fixé le ministère si certains principes (facteurs de succès) de bonnes pratiques et d’éthiques ne sont pas pris avant l’établissement de ces partenariats, pendant leur mise en œuvre ou à la fin de contrat des projets.

CollaborateursFonctions/Spéciliatés
Idé SeydouConseiller en Santé Publique
Dr Amadou Abdou SouleyPharmacie
Alio AbouléBonne Gouvernance, Développement-Coopération Internationale, Prévention des conflits armés
Dre Aissata Moussa AbbaNutrition
Nourh YahayaInfirmier clinicien et agronome

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